Rencontre avec Christophe Martet le 5 décembre
Les élèves engagés du lycée, MDL, CVL, écodélégués, éclaireurs de la culture ont eu la chance d’échanger avec cette figure de l’engagement.
Christophe Martet nous a d’abord raconté l’histoire de son engagement pour dénoncer l’inaction politique face à l’épidémie de SIDA. En effet, dans les années 80, Paris est la ville la plus touchée par le SIDA, et le ministère de la Santé prend ses distances en déclarant qu’il « prendra des mesures si le phénomène prend de l’ampleur ». Act’up milite alors activement pour influencer les décisions politiques et accélérer la prise en charge des malades.
L’intervenant nous parle aussi du fonctionnement de l’association, née aux États-Unis, et qui repose principalement sur une réunion hebdomadaire au cours de laquelle les membres peuvent s’échanger les informations à propos de nouveaux traitements, effectuer un retour sur une action passée, une manifestation, organiser des commissions autour de nouveaux projets…
L’engagement, pour Christophe Martet, c’est d’abord un engagement personnel, c’est-à-dire « pour soi », lorsque l’on est confronté à un problème (comme tomber malade du SIDA) et que l’on est amené à intégrer des collectifs, des associations auprès desquels on pourra trouver des solutions. Ensuite c’est aussi être « éveillé » sur la situation politique, sociale et chercher à se rendre utile, mettre en mouvement ses propres capacités. Enfin, c’est faire partie d’une communauté, d’un collectif, car on est toujours plus forts quand on est plus nombreux à partager le poids d’une difficulté. Selon lui, au-delà de se battre pour défendre « sa » cause, on défend celles des autres avec tous les problèmes qu’ils ont et que nous n’avons pas forcément.
Et que dire de la montée de l’extrême droite ? Des mouvements identitaires dans nos sociétés actuelles qui pourraient menacer l’engagement, les luttes minoritaires ?
Selon notre spécialiste de l’engagement, tout va par « cycles », il faut sans cesse se battre pour avoir de nouveaux droits, mais aussi et surtout pour conserver des droits acquis qui peuvent se trouver de nouveau compromis : « ce qu’on a obtenu peut à tout moment être remis en cause »
Ce qui l’a marqué de toutes ses années d’engagement, c’est tout-d’abord ce qui a certainement fondé son engagement, la mort de ses amis du SIDA ; mais aussi les actions spectaculaires comme la mise en place d’une gigantesque capote sur la place de la Concorde ; et surtout les résultats de ces actions, comme le « 100 % », le traitement pris en charge intégralement par la Sécurité Sociale.
CAMILLE DARRAS GALLEY (T02)
Cette rencontre avec les élèves "engagés" du lycée a fait suite à une première rencontre avec les TSVT1 de C.Soulier, les TSES1 de V.Imbert et les THGGSP1 de B.Villemagne.
Christophe Martet a commencé par la diffusion d’un diaporama très riche qui retrace son parcours et ses engagements dans la lutte contre le sida et pour les droits LGBTq+, l’histoire d’act-up, son activité de journaliste.
Ensuite, chaque groupe a posé des questions en lien avec le programme de leur discipline (thème du le systeme immunitaire pour les SVT thème de l'engagement militant associatif pour les SES thème du devoir mémoriel pour les HGGSP
La parole de témoignage sur une période sombre de notre histoire a retenu toute l'attention de nos élèves, jeune générations porteuse d'avenir et la diversité des trois groupes de spécialité a produit un échange riche et varié.
S.ROYON CHALENDARD